Soxna Pobar: « Maroc »

Soxna Pobar Maroc

J’ai 24 ans, comprenez 14 ans d’âge mental, mais ça je ne le sais pas encore. Ce que je ne savais pas aussi, c’est que je ne connais rien aux hommes non plus.

Comprenez-moi, je suis fraîchement séparée du premier homme de ma vie et j’ai passé les 3 dernières années de ma vie à simuler. Je suis sortie de ce mariage brisée, certes, mais décidée à me réconcilier avec mon corps. Toutefois, j’étais effrayée à l’idée du regard des autres, Dakar où tout se sait! C’est pour cela que j’ai décidé d’aller en vacances au Maroc, pour me changer les idées et me retrouver seule pour une fois dans ma vie. Et pourquoi ne pas, trouver enfin l’orgasme et accessoirement l’amour.

Je suis arrivée au pays de Mohamd 6, après quelques mois d’économies, bien décidée à faire la fête pendant 10 jours. Chez l’habitant s’il vous plait! Hind et Jihane, mes hôtes marocains, m’ont accueillie dans un sympathique appartement dans le centre de Casablanca, à raison de 200 euro le séjour, logée et nourrie.

Elles m’accompagnent partout et se sont auto-proclamées guides pour mes vacances. Deux jeunes filles en apparence simple, discrètes sous leur voile, qui était plus traditionnel que religieux. Beaucoup plus excentriques le soir quand nous sortions en boîte, elles boivent de l’alcool et échangent leurs numéros de téléphone avec beaucoup d’hommes. D’ailleurs le lendemain de notre première sortie, la plus jeune des sœurs, est partie dormir chez « son fiancé », enfin c’est comme ça qu’elle m’en a parlé. Mais deux, trois fiancés plus tard, j’ai compris qu’il se passait des choses pas très claires. Mais je ne voulais pas m’en mêler, pour moi faire la fête se limite à sortir en boîte, à beaucoup danser et à attendre patiemment de taper dans l’œil d’un homme, qui pourrait me plaire aussi.pp

Hind et Jihane avaient beau être gentilles, j’ai fini par me rendre compte qu’elles m’ont aussi utilisée. Non seulement, je payais tout, les courses, les déplacements à 3, les entrées de boite de nuit, les ceci, les cela, mais elles ont trouvé le moyen de taper encore plus fort. Les 2 soeurs marocaines, ont vite compris qu’elles avaient affaire à une petite naïve, puisqu’à aucun moment, je ne me suis plain de leurs abus sur mon argent de poche.

Une fois, je les accompagne au Souk et elles me présentent à un jeune homme très beau. Il me plaît tout de suite mais malheureusement, il ne parle qu’arabe. Hind fait la traductrice. Ils se sont ensuite échangés des mots en arabe et sans me prévenir le garçon m’a embrassée à pleine bouche. Sur le coup, ça ne m’a pas choquée, j’ai gloussé comme une adolescente qui découvre l’amour. En fait, je suis trop impressionnée pas son assurance et son charisme. Dans ma tête, je me dis que mon envie désespérée d’orgasme sera bientôt satisfaite. Enfin maintenant que j’y repense ça relève plus du toupet, du yabaté qu’autre chose. Bon j’arrête de faire ma vierge effarouchée parce que sur le coup ça m’a plu qu’il m’embrasse à pleine bouche. Aïe, je ne suis pas très fière hein.

Toujours est-il qu’un rendez-vous a vite été pris pour le soir même. Encouragée par les 2 sœurs, j’ai accepté qu’elles me déposent chez le monsieur. J’avais peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir quoi faire, puisqu’il n’était pas question de discuter. Dans quelle langue? Sur le chemin, je me fais tout un film, me disant que le langage de l’amour, enfin de la chaire dans ce cas précis, est universel. J’attends de lui qu’il m’apprenne, il a l’air si mature, si viril et son baiser était celui d’un homme expérimenté.

Je me suis retrouvée dans une chambre avec l’homme en question. J’ai oublié son prénom, car je n’ai pas eu besoin de l’appeler entre deux gémissements…. Tu m’étonnes, je n’ai même pas eu l’occasion de gémir, pfffff. Il est encore plus nul que mon ex-mari. Pire, il ne bande même pas dur et son odeur ne m’est pas familière, alors j’ai eu du mal. Il ne m’a même pas embrassé ! Il a essayé quelques caresses, s’est déshabillé maladroitement et s’est couché sur moi. Je n’ai pas rouspété. Je me sentais tellement nulle. Je crois que je me suis raidie comme du bois mort et je l’ai laissé faire. Comme quoi les hommes ne crachent sur rien, il aurait dû à ce moment tout simplement me ramener à l’appartement des filles. Bah non, il ne m’a pas vraiment calculée. Heureusement il a joui rapidement, et moi je regardais le plafond en serrant les dents. Quand il est retombé sur moi, après avoir fini de transpirer, j’ai fait comme j’ai l’habitude de faire avec mon ex-mari. Je lui ai caressé le dos, comme un ultime cadeau. Comme pour l’encourager et lui faire comprendre que « c’était pas si nul que ça ».

Jusque-là, ça va, je le prends comme un échec ponctuel et comme je n’étais pas contre dans le fond, je ne m’en veux pas plus que ça. J’ai choisi un coup d’un soir, à moi d’en assumer les conséquences. Allez mon orgasme ce sera pour la prochaine fois !

Seulement, je n’ai pas encore tout compris. Le bonhomme n’est pas resté muet après notre partie fine et c’est là qu’il me balance dans un français bancal « Hind et Jihane plus douces que toi. Heureusement toi mignon et gentille, 300 dirham, c’est beaucoup. Toi rien faire, coucher seulement. Prochaine fois toi faire mieux, d’accord? »

Hein? ………………………..

SoXna Pobarr

Que faire en cas de viol ou de rapport sexuel non protègé?

Un viol ou une contrainte sexuelle peut entraîner un état de choc et des sentiments de confusion, de honte, de peur, qui seront d’autant plus intenses si les agressions sont répétées. Faire des démarches ou prendre des décisions seule est souvent difficile. Rompre le silence et sortir de l’isolement apporte un premier soulagement.

N’hésitez pas à parler à une personne de confiance ou à demander de l’aide aux services spécialisés : médecin, urgences ou centre d’accueil.

 

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Dernière mise à jour: 7 Sep 2016

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